« Paul, originaire d’Angers, étudiant à la Fac de sciences de Luminy depuis 2 ans. Il ne connaissait pas du tout Marseille avant, et encore moins le campus. Dès le premier jour, il a trouvé que c’était un cadre agréable et paisible, plutôt exceptionnel pour faire ses études. Chaque jour il s’émerveille devant le grand paysage et le Mont Puget qui change de couleur au fil de la journée. Le moment qu’il aime le plus, c’est à la tombée de la nuit lorsqu’une lumière rose vient s’accrocher sur la roche. Ce qu’il apprécie c’est de pouvoir aller faire son footing dans le parc des calanques, deux fois par semaine. En empruntant les sentiers il croise régulièrement des randonneurs et des cyclistes. Le trajet qu’il préfère c’est celui du GR 51, d’ailleurs. Lorsqu’on lui demande s’il préférerait être en centre ville pour étudier, il nous répond que non. Ici, il est en contact direct avec les chercheurs de sa branche. Il pense que le campus a un réel potentiel. Mais bon, il ne se voit pas y habiter pour autant. Il ne pourrait pas organiser un repas de dernière minute avec des amis, sans commerces de proximité, ou bien aller boire un verre. Il n’y pas non plus de lieux d’activité tel qu’un cinéma. Le réel problème à habiter en ville, sur la Canebière, dans son cas, et de devoir venir chaque matin sur le campus. C’est le temps de trajet qui le fatigue.

Matthis Carbonnier

Tous les matins, il part vers 8h de chez lui pour se rendre en cours. Il doit prendre le métro jusqu’au rond point du Prado où il prend le bus 21 jusqu’à Luminy. Il met généralement 45min pour faire le trajet. De temps à autre, il vient avec un collègue de la fac en voiture, mais à l’heure de pointe cela n’est pas judicieux puisqu’il se retrouve tout le temps dans les embouteillages. On lui a bien parlé du projet de voie de BHNS qui allait se développer jusqu’au Campus, mais il ne croit pas que 5 à 10min de sommeil en plus, changera quelque chose à son quotidien. Mais ce que l’on ne vous a pas encore dit, c’est que Paul a des idées plein la tête. Il s’est imaginé que le métro continue du rond point du Prado jusqu’à Luminy. Gagner 25min le matin, après une soirée bien arrosée, ce n’est pas négligeable! En passant par Valmante, il croiserait le nouveau tracé du boulevard urbain sud. Ce qui serait aussi génial, ça serait de faire passer le GR 2013 par Luminy. On vous a déjà parlé de cette randonnée ? Non ? Vous vous dîtes « oui pourquoi pas, mais bon il y a déjà le GR 51… » Sauf que la particularité du GR 2013, c’est qu’il est urbain. Ce n’est pas du tout le même type de parcours, de paysage. Ça permettrait en plus que les randonneurs se rencontrent à Luminy. Ils pourraient échanger sur leur deux expériences. En fait, Luminy ça serait un point convergent et attractif. Sauf qu’avec tout ça, tout le monde va vouloir venir à Luminy. Du coup, il s’est dit qu’il allait falloir densifier pour pouvoir accueillir un nombre conséquent de personnes. Paul est embêté parce qu’il aime beaucoup ce site naturel, il ne voudrait pas que l’abondance d’usagers détériore le milieu.

Matthis Carbonnier

Ce qu’il s’imagine, ce serait d’implanter une mégastructure linéaire qui s’accrocherait au site d’Est en Ouest et qui se déploierait verticalement pour minimiser son emprise au sol. Ce qu’imagine Paul ce serait une séparation franche entre le monde urbain et naturel. Vous voyez l’emplacement du TPR2? Ben juste là ! Pour lui, cette limite permettrait aux personnes de prendre conscience de l’importance du respect de la nature. Parce que bon, pour le moment, c’est pas ça, hein … Quand on voit toutes les voitures agglutinées sur les parkings, le bord des routes. Ça en fait du goudron !

Matthis Carbonnier

Lui ce qu’il aimerait c’est interdire l’accès de la voiture dans le campus. Elles pourraient dévier au rond point précédent, passer par le pôle sportif avant d’arriver par le haut, près de Kedge. Puis
entrer se garer à l’intérieur de ce grand bâtiment.

Matthis Carbonnier

En faisant ça, l’entrée par la route principale pourrait être beaucoup plus agréable, il voit bien le BHNS s’arrêter sous cet immense bâtiment, à l’abri du soleil en été, de la pluie et du vent en hiver. Y venir à vélo et à pied serait dès lors beaucoup plus agréable.

Mais ce que Paul imagine le mieux, c’est l’arrivée en métro. On entrerait sous terre en plein cœur de la ville, dans un paysage totalement minéral, urbain, et on ressortirait tout à coup à l’intérieur de cette grande structure, puis l’on descendrait sur le quai complètement ouvert sur le paysage. En face de nous, le Mont Puget, toute cette nature, et peut-être même au loin la mer.

Depuis le hall du TPR2, on peut soit rejoindre les bâtiments au nord du campus en se déplaçant à pied, à vélo, sous des galeries à la Egger, qui protègent du soleil ou de la pluie. soit rejoindre le grand espace public au sud, entre l’édifice et l’hexagone.

C’est depuis ce point que tous les sentiers partiraient dans le parc. On vous a déjà dit que Paul aime la randonnée ? Il voit bien passer le GR 51 sur le toit de cette grande bande. Ça serait comme une passerelle, un immense belvédère. On surplomberait tout, on aurait une vue à 360° sur le lieu. Vous vous imaginez ? Ça serait superbe non ? D’ailleurs, depuis ce point de vue, on aperçoit la forêt Climax ! C’est le coeur de la forêt du parc, le seul endroit où l’on trouve des chênes, étape ultime de la forêt méditerranéenne.

Pour permettre à la forêt de reprendrait sa place, au cœur du parc de calanques. Paul imagine que tous les bâtiments à l’exception de l’hexagone, sont détruits. L’avantage de cet immense édifice, c’est de pouvoir mettre toutes les fonctions qui sont aujourd’hui situées dans les bâtiments que Paul souhaite détruire, et d’y ajouter tout ce dont on a cruellement besoin actuellement sur Luminy. Paul imagine, qu’il pourrait très bien y croiser une maman qui va chercher ses enfants à l’école après sa journée de travail. Un groupe d’amis qui se rejoindraient pour aller au cinéma ou voir une exposition. Certains iraient à l’hôtel après être allés au restaurant quand d’autres reviendraient de leur entrainement de natation. Ce serait vraiment un quartier, une petite ville.

Paul, qui s’est créé un vrai univers, il nous raconte même comment ça se passerait dans ce nouveau morceau de ville. En fait, ça serait une grande structure en béton dans laquelle on pourrait mettre pleins de boites en bois. Finalement ces boîtes contiendraient tous ces nouveaux espaces. Il y aurait même des rues intérieures qui permettraient aux étudiants, aux travailleurs, aux habitants, aux touristes de se rencontrer. Ce qui serait intéressant aussi ce serait de produire toute l’énergie directement dedans. Mais techniquement, Paul se demande si c’est vraiment possible tout ça ? Matthis et ses collègues d’ARCHIMEGAGRAMME, ont fait un petit projet pour lui expliquer comment tout ça pourrait fonctionner.

« Cette mégastructure est formée par une structure capable poteau poutre en béton armé composée sur une trame tridimensionnelle régulière de 8 mètres par 8. Ainsi, au point le plus bas du vallon, le bâtiment mesure 50 mètres de haut sur 28 mètres de largeur. Au sud, la trame vient s’épaissir pour former des loggias de 4 mètres de profondeur. Le métro aérien s’inscrit dans cette structure et vient proposer deux quais ouverts sur le paysage et des circulations verticales vers les programmes dans les étages. A chaque niveau, les usagers peuvent déambuler dans des rues intérieures ponctuellement ouvertes sur le paysage et qui desservent les différents programmes. En toiture, on retrouve une promenade plantée à ciel ouvert. Cette cinquième façade est percée par des patios, on retrouve un bassin de nage dans la longueur. Pour lutter contre le vent, qui vient du Nord ouest sur ce site, une double peau de lames verticales vient atténuer le vent et permettre aux espaces coté nord une ouverture sur le paysage tout en étant protégés du contact direct du vent. Le bâtiment est conçu de sorte à avoir la ventilation qui vient s’organiser autour d’un système passif de ventilation naturelle. Pour produire son énergie, on envisage d’utiliser ce vent omniprésent en créant un couloir de vent dans lequel viennent s’implanter des éoliennes qui produisent l’énergie électrique à la barre. Un système de géothermie vient alimenter la production de chaleur nécessaire aux utilisateurs. L’ensemble des éléments techniques et des réseaux est regroupé dans le dernier niveau. Ainsi, les programmes sont installés dans des modules en structure bois standardisés de la dimension de la trame béton. C’est seulement ces boites qui viennent être chauffer pour limiter la consommation d’énergie du bâtiment.

On compose autour d’un même module architectural tous les espaces intérieurs. Cette utilisation de la structure va permettre dans un second temps, une réappropriation de celle-ci ; on va pouvoir densifier ou à l’inverse la quitter.

Finalement, le projet s’implante de façon radical en renforçant la dichotomie du site, c’est à dire : un tracé régulier plutôt urbain, au nord, et au sud au tracé plus courbe et aléatoire en fonction de la composition naturelle. La mégastructure agit comme un catalyseur de fonctions et diffuseur de flux. »

« Paul imagine même que le principe de base, qui serait de séparer la ville de la nature, pourrait se développer en plusieurs points, tout autour de la ville de Marseille. Ils pourraient tous être reliés par une grande promenade, ou même par le métro. Il nous a même donné l’image d’une grande barrière de corail qui est la plus grande structure créée par des organismes vivants. Elle aide à réduire l’impact de l’activité humaine.

Mais bon, ça c’est qu’un rêve, non ? »

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