S’intéresser à l’interface ville-port permet de comprendre les abords de l’entité qui vivent au rythme de ses décisions, soumis par sa taille, sa puissance économique et son cloisonnement. Ces espaces semblent déconnectés de la mer car, séparés par cet espace portuaire, mais aussi séparés de la ville par l’épaisseur de l’infrastructure. La ville portuaire est intrigante, tant par la forme que dans le fond. C’est à la fois une activité en dualité avec la ville même, une épaisseur qualifiée de frange portuaire qui s’étale sur la quasi totalité du territoire maritime marseillais, marqué par de nombreux accidents qui deviennent, parfois, des opportunités de porosité entre la ville et le port. Le port se dresse souvent comme une limite entre l’homme et la mer. Tant que les populations sont concernées par les activités qu’offre le port, celui-ci est créateur de lien, l’interface entre l’urbain et le portuaire reste poreux et cela permet ainsi de relativiser les gênes qu’occasionne le port. Si ce lien est dissous, l’interaction entre la ville et le port s’effrite, le port perd son statut positif et ne devient que nuisance.

Le port a un foncier qui prend beaucoup de place dans le territoire Marseillais. Il nous fait comprendre, par sa taille, que l’étalement est son mécanisme, c’est ce qui lui confère de grandes qualités spatiales. Après avoir passé de nombreux portiques de sécurité, c’est dans une ville de containers que nous déambulons. Les bâtiments deviennent un empilement de boites striées, les places publiques sont en réalité des surfaces laissées libres. Le rapport de l’homme vis-à-vis de ce territoire change complètement, l’accumulation des containers nous met hors d’échelle et nous déroute. A travers ces monolithes métalliques, on peut parfois apercevoir la mer. Tantôt une percée, tantôt l’occlusion totale de la vue. Malgré la présence incessante des engins, l’endroit est agréable et chaque recoin que l’on peut atteindre devient une découverte. Les silos, les grues, les containers façonnent un paysage énigmatique et produisent une mise à distance de l’observateur, non pour nous déplaire mais surtout attiser notre curiosité naturelle. J’ai voulu traiter une de ces porosités faisant de ce lieu, non plus un mythe, mais une réalité à laquelle nous avons le droit de profiter.

Le territoire des quartiers Nord a une grande importance dans la gestion des flux de Marseille et de la Métropole. On pourrait croire que les quartiers traversés par ces axes routiers sont bien alimentés, mais les infrastructures les survolent sans les desservir. Ces quartiers deviennent enclavés et sont dévalorisés par les nuisances des réseaux. Toutes les entités du site fonctionnent en autarcie, les habitants ont peu de rapports sociaux avec les habitants d’un autre quartier. Les seuls à pouvoir bénéficier d’un rapport au paysage et à la mer sont ceux qui habitent au sommet des tours de logements.

Les quartiers arrière port sont dissociés les uns des autres. L’emplacement choisi se situe entre le quartier de La Cabucelle, de La Calade et de Saint Louis. Les délaissés linéaires se trouvent entre ces quartiers dans une zone dont les habitants ne peuvent pas profiter. Autour de cet axe on trouve des équipements scolaires, commerciaux, sportifs et religieux. La première problématique à résoudre sera de trouver du liant entre tous ces espaces et de créer des connexions douces entre l’axe de porosité et les axes de circulation Nord-Sud. Pour répondre aux problématiques du site, des équipements et des logements sont créés pour améliorer le cadre de vie des habitants des quartiers environnants.

 

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Parc de l’école de la seconde chance

L’école de la seconde chance est une institution unique à Marseille. Elle lutte contre l’exclusion sociale et le décrochage scolaire. Les valeurs qu’elle défend sont en adéquation avec l’idée du projet. Il est important d’inclure l’école dans la vie des quartiers aux alentours. Aujourd’hui, elle est entourée par un mur de soutènement qui l’enclave. L’idée est d’imaginer une passerelle et un emmarchement qui relieront les deux plateaux. La sous-face de la passerelle accueillera des vestiaires et des locaux du club de foot de l’école. Elle articulera aussi une nouvelle entrée de l’école sur la ville. En face de la nouvelle entrée, il y a actuellement un vieux gymnase peu utilisé. Le fait de supprimer son enveloppe permet de créer une halle d’entrée devant l’école, qui pourra accueillir toutes sortes d’événements.

 

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L’agora

Le deuxième site de logement se situe au niveau de l’Agora, sur le belvédère. Les habitations prennent place dans une ancienne usine de stockage désaffectée. Les plateaux sont conservés uniquement dans les bandes périphériques, pour créer un vaste patio arboré au centre. Le rez-de-chaussée du bâtiment est réservé à l’espace public pour créer une continuité entre les rues du centre-ville et l’Agora, elle devient la nouvelle centralité du quartier. Les logements sur les trois niveaux sont traversants. Grâce à la structure du bâtiment, ils vont pouvoir être adaptables suivant le besoin des habitants.

 

 

 

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Traversée de l’autoroute

Tout le long de la traversée on trouve différents types de logements pour répondre aux besoins du quartier. Ces logements doivent être pensés pour que la vie en collectivité soit encouragée tout en procurant de l’intimité aux habitants. Il y a un travail de mise à distance entre l’espace public, les espaces collectifs et les espaces privés. Cela passe par la mise en place de filtres. Au niveau de la passerelle, les parties collectives se trouvent sur les côtés des logements et la passerelle publique est au dessus, la mise à distance se fait naturellement. Pour les logements au niveau de la bibliothèque, l’approche est différente puisqu’on a des logements en rez-de-chaussée. On vient évider la dalle et avancer la structure pour créer des barrières physiques et non visuelles. La structure au niveau des jardins permettra de suspendre des dispositifs occultants pour le vis-à-vis et pour créer de l’ombre tout en gardant la vue sur le port.

 

 

 

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La plage urbaine

A Marseille, on aime s’approprier l’espace, on aime braver l’interdit pour profiter. Cette grande esplanade qui accueille la bibliothèque sert quotidiennement d’espace de lecture face au paysage portuaire Marseillais. Cet espace sert aussi de vaste lieu public où l’on peut se retrouver, se réunir pour profiter du soleil, de la vue et de la mer. On peut offrir les mêmes qualités que celles développées au J1. Dans l’alignement de la bibliothèque, anciennement la douane, on trouve une grande pergola qui donne de l’ombre lors des chaudes journées d’été. Cet espace peut être utilisé pour une multitude d ’usages. L’été, la pergola sert de coin de lecture ombragé, d’espace de travail et de présentation. L’hiver, les canisses laissent place à des toiles tendues pour que la pergola devienne une salle des fêtes pour les habitants du quartier.

 

 

 

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Habiter le port

Vivre dans un port industriel c’est participer au décor du port, à son ambiance. Au niveau du hangar à bateaux, des logements sont créés pour des habitants à l’année et pour des clients qui veulent y loger le temps de la réparation de leur bateau. Ces habitations permettront de rentabiliser la traversée et d’affirmer la mixité sociale du projet. Ces logements sont vastes et se développent sur deux niveaux. Une large ouverture est créée en face de la pièce de vie et des chambres. La paroi vitrée peut s’effacer complètement pour aérer le logement et pour profiter de l’eau au bord du logement.

 

 

 

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La scène portuaire

Pour que la réalisation de cette traversée puisse être possible il faut envisager une entente entre le port autonome et la ville de Marseille. Si la ville empiète sur le territoire du port il faut que le projet pense à améliorer le fonctionnement du port, pour que les deux parties y trouvent leurs intérêts. Le cap Janet étant à proximité des terminaux de croisières, l’idée est de créer un nouveau terminal plus connecté à la ville. Ce nouvel outil portuaire pourra accueillir des croisières culturelles basées sur la découverte de Marseille et de la côte méditerranéenne française.

 

 

 

 

 

 

 

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